il rôde sur un quai mouillé
un quai souillé de fiel
inquiet le front tordu
crachant des baleines aux marins épuisés
inhalant des embruns poisseux
où tournent de sots goëlands
il pleut à seaux
averse perverse grotesque
il s'y coule sans bruit
figeant tous les rictus
des mousses pitoyables
sous leurs pompons abjects
quelques putes anonymes
se penchent des vitrines reniflant les latrines
et s'épanchent d'une bière au goût de sépulture
la nuit est imbuvable et le froid aiguisé
nul endroit où nicher
ne reste que ce port infect
ici comme seule issue
il s'y jette nu-tête
et s'incrit telle une ancre
déjà rouillée de sueur
dans la vase assassine
Texte, photos et chanson : 2008
