2010
POUEMES
inhumez-moi au coeur d'un nénuphar
pour de mes doigts caresser
les batraciens humides
et les cygnes circonflexes
pour deviser en paix
auprès des libellules
pour jouer des pastorales
aux joncs illuminés
je sens déjà la brise
qui parcourt mes artères
je sens déjà la terre
qui sommeille dans mes veines
c'est divin d'être ici
c'est si vain d'être ailleurs
je suture mes paupières
j'oblitère mes pores
j'accepte une dernière fois
le refrain de l'eau vive
puis je coule et me roule
devenant dès alors
sédiment
Déambulons le long des dais en bulles
comme préambule à l'amère veille
somnolant à l'amble dans les ombres des dunes
dans l'écume des mères d'où l'impair est absent
Osons crouler des algues
dérochées
animales
accrochées aux remous de fins embruns de paille
dont l'humide appétence esquisse des faims d'ailleurs
Nul ailleurs
juste une fin
Vite
Illuminant fièrement d'une douceur rousse
les teints obsolescents de livides alités,
d'éphémères éphélides clignotent sur leur peau
d'un feu morne et sans artifices.
Entre pores et duvet elles dérivent et dérident
comblant les ans usés de fraicheur de rosée d'aube,
sillonnant à saute-boutons maints clous et naevi.
Et puis, dépitées, s'exilent amères, démontées,
laissant place aux vers voraces de chair du temps.
Rémission impossible.
