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2002
J'inscris des romances à tue-tête
sur les cimaises vierges d'un endroit improbable.
L'écho du soir qui chuinte
charrie d'impalpables frayeurs
mèlées de sel et d'hommes.
Couché sur un banc gris, un oiseau terne se fâche et vocifère,
criant son désarroi et ses piètres passions,
puis se rendort en rêvant d'iles éphémères
peuplées d'amazones ailées.
***
Quelle étrange aigreur d'égrener avec grâce
ce fragile fardeau d'enfance effarouchée.
Subtil privilège que d'inscrire à la hâte
tout un instant fugace miné d'ombres et de spasmes.
Pouvoir intemporel,
pourvoir un temps pour elle,
à ses doutes, à ses peines, à ses moments de fugues,
immobiliser la déroute, la déveine,
tout un maquis de haines accroché aux murs lents,
gris de larmes, verts de rage,
pleins de sperme et d'ennui,
violentés de mots doux autant que de salive.
Et puis... Se reposer...
Entrouvrir son esprit à moins de turpitudes,
circonflexer ses lèvres en un sens inédit,
laisser croitre ses yeux jusqu'au bout du soleil,
exalter tous ses pores jusqu'à la fin des rêves
et marcher encore jusqu'aux incontournables cendres.
1992












