2009
La question est de savoir quelle est la réponse.
Jeunèse
05-04-09 - Le doute l'a envahi. Là. Au coin de sa rue. Il se fige, n'ose plus faire un pas. Vers où d'ailleurs ? Est-ce bien le "coin de sa rue" ? Qui sont tous ces gens qui le saluent ? Cette femme qui l'embrasse ?... Il voudrait fuir, se terrer, se soustraire, s'oter. Mais ne peut faire un geste. Un pigeon fiente sur son nez, les gosses lui lancent des amandes, un agent l'invective :
- "Vous ne pouvez rester là !".
- "Mais où est la sortie ?".
Et puis la nuit s'écroule sur lui, le laissant vaporeux, brouillardesque, nuageant. Il flotte de réverbères en néons et se retrouve tout en haut d'un clocher, caliné de girouettes, bercé de gargouilles. Quelques gouttes de pluie ruissellent entre ses doigts et se perdent dans ses paumes. Un repère néanmoins : il est 21h00 à l'horloge muette. A ses pieds. Il va attendre le jour pour prendre une décision. Il s'endort les joues creuses.
05h37, une poule aux yeux d'or le caresse de ses plumes, lui cliquète des cot-cot et l'éveille en beauté. Il n'est plus rien ! Il est tout ! Il ne reconnaît plus rien ! Il connaît tout ! Le délicat suintement des lys le fait cambrer d'aise. La rosée des vents le submerge. Il petit-déjeune d'une fraise des bois en aspirant le suc d'une pensée accroupie, offerte. Plus de métro, plus de bureau et il ne dormira plus. A partir de maintenant il va découvrir le monde, son monde. Qu'il crée à son image. Dieu ? C'est lui désormais. Omni pas présent, Omni pas potent. Juste un petit bout de chair en quète de merveilles. Une Alice, un Robinson, déserteur et lapinesque. Un créateur malin. Un espiègle stratège. Rien de divin dans ses desseins, que de l'ici, du maintenant. A foison.
Par où commencer ? Par quoi commencer ? Une libellule, une cathédrale ? Une renoncule, un business-man ? Un plan : obligatoire ! Ne rien omettre pour ne froisser personne. Ni l'étoile qui rôde ni la discrète daphnie. Du demi quark à l'infini personne n'échappera à son envie de vie ! Mais sans ordre, un plan sans ordre, oui. Au gré de ses déambulations, sans accorder plus d'importance aux feuillages d'un chêne qu'à l'ivoire d'une dent, aux atours d'une reine qu'au labeur d'une fourmi, à un show-room mondain qu'aux lueurs de l'aube.
06-04-09 - Pas de longue barbe, pas d'éclairs dans les cheveux. C'est un Dieu banal au regard curieux. Sapé Tati, teint lavabo, fluet pas fluo. Il ne se fait pas prier. Chez lui c'est partout et il n'a plus de nom. Il est hésitant, indécis, circonspect : ne plus faire d'erreurs ! Un monde parfait voilà son but.
S'en prendre au temps d'abord : exit montres et pendules, horloges et trotteuses, chronomètres, sabliers, métronomes, compteurs et pointeuses. Terminés les "Quelle heure est-il ?", "Pardonnez mon retard...". Tout baigne désormais ouateux, serein, au gré de chacun. Vous voulez le soir ? Le voilà ! Un peu de nuit ? Elle est à vous ! Le temps n'existe plus ou plutôt, il est à votre disposition, étirable, élastique, relatif, individuel. Les heures sont des secondes, les semaines des ères et vous tous devenez immortels, figés depuis ce premier matin dans l'état où vous étiez, où vous êtes, où vous serez. Les roses ne fanent plus, les papillons font n fois le tour du monde et les fossoyeurs ne fossoient plus. Et puis c'est tout pour (aujourd'hui) toujours...Car aujourd'hui n'existe plus... C'est demain, c'est hier, c'est tout le (temps).
07-04-09 - Et puis, le temps d'un instant, d'un soupir ou d'une éternité, il s'occupa des animaux (les carpes furent poilues, les requins saumonés, les girafes raccourcies, les lions bengalisés, les écrevisses écrouées, les thons bonifiés, les chiens caressés de chats, tous les pigeons furent voyageurs, les uni-cellulaires pluri-cellularisés, les ânes débâtés, les lamas dalaïsés, les ongulés incarnés, les kangourous en slip, ...), des autres animaux qu'on surnomme "l'Homme" (les femmes toutes charmantes, les dictateurs pulvérisés, les cuisiniers aromatisés, les castrats décastrés, les politiciens dégroupés, les morts ressuscités, la racaille satellisée, les machos tutuïfiés, les magnats magnanimes, les mécènes innombrables,...), des autres règnes (les marguerites non-effeuillables, les pierres moussues, les phares de toutes les couleurs, les astres clignotants, tous les feux rouges au vert, les galets transparents, les iles flottantes obligatoires, les caries interdites, les enclumes innocentées, les murs caoutchouteux,...) et s'endormit rêveur en complétant ses listes de hors-d'oeuvre.
Une foule cosmopolite et bigarrée surveillait ses paupières, attendait son éveil...
- "Et moi, je deviens quoi ?" quémande la fermière.
- "Je te couvre de sucre !"
- "Et moi, je deviens quoi ? chante le caillou.
- "Je te cabrellise !"
- "Et moi, je deviens quoi ? siffle le serpent.
- "Tu es aux pommes !"
...
Tous et toutes repartir ravis, comblés, le sourire aux oreilles, fiers d'être redessinés pour leurs nouveaux destins. Quelle nuit ensoleillée !
Et puis... De jeunesse en genèse, ce jeu ne lui plut plus et, sans défaire, sans détruire, il partit le dos courbe vers d'autres desseins à animer, quelques ombres à déporter.
Compagnie
Quinze ans déjà.
A vingt heures ce jour-là, elle est venue derrière sa porte.
Oh ! Sans aucun bruit, sans parole, sans murmure.
Il sentait juste sa présence.
Il s'est posté devant sa porte, sans aucun bruit, sans parole...
Juste derrière, elle est là, attentive.
Il cherche bien à l'apprivoiser, la dominer peut-être.
Mais rien n'y fait, ce mur de porte se porte altier.
Hier, aux orties la fierté.
Surplus de scotch ? courage anthume ?
Il ouvre et, sur le palier, fou à lier, se mire.
Francis Cabrel.
Abstraction pas lyrique.
Les infos !!!
Demanjuk au Sri Lanka défie Brown quant à ses notes de frais et obtient un rapport secret sur la guerre en Irak tout en conjurant Aung San Suu Kyi d'arriver en tête des élections en Ukraine alors que l'envoyé de l'ONU accuse le coup en tuant 100 civils dans un hôpital sans évacuer le personnel des pétroliers en Somalie et de ce fait Roxana Saberi publiera les photos d'Obama en octobre après la visite d'un américain au Nigéria où par ailleurs le téléchargement en 3D-relief est de plus en plus sollicité par la Halde et Delanoë tandis qu'Atlantis se retire définitivement de la F1 au profit du Cirque d'Hiver de Cannes et que le Trésor US présente un plan à haut risque pour que Benoit XVI détrône Microsoft et ouvre un livret A parrainé par Hadopi quand Fillon peut perdre jusqu'à 16 kilos/mois sans garantie en raison des sanctions prises contre le roquefort Intel en Belgique où BNP Paribas détient désormais des éclairages plus performants que Natixis en Palestine.
Découvert depuis peu :
Prenez un beau lapin (2 à 3 kilos). Après l'avoir dépecé entièrement, coupez-le en dés de 2cm. Saupoudrez les petits cubes ainsi obtenus d'une farine de froment très fine, versez-les dans une grande poêle préalablement chauffée avec du beurre-dedans-plein. Faites juste saisir quelques minutes pour dorer la farine et reversez le tout dans le plat que vous avez sous la main (le plat de la main n'étant pas suffisant). Insérez gracieusement tout ce que vous voulez dans chaque dé : clous de girofle, cumin, mimolette, feuilles de pissenlit, safran, etc... Tout ce que vous voulez j'ai dit ! Ceci fait, prendre une cocotte non pondeuse et y verser notre préparation pour une cuisson d'environ 20 minutes top chrono. Au bout de ces 20 minutes, ouvrez la fenêtre, jetez l'ensemble avec virtuosité et faites-vous un porte-monnaie avec la peau.
Fiche-cuisine

