L'EBOUEUR.

04h30. Comme presque chaque matin il enfourche son vélo, direction le parking de la déchetterie. Vestiaire. Tenue de "combat" : combinaison fluo, gants, cagoule et au taf. Il s'installe sur le marche-pied arrière du camion-benne et c'est parti ! Premier arrêt. Premiers containers... Premiers sacs, noués ou éventrés... Premières odeurs. Et c'est reparti pour quelques mètres et re-stop. Mêmes gestes répétés jusqu'en fin d'après-midi, jusqu'au ras-le bol quasi quotidien. Il reprend son vélo direction bobonne qui doit faire une tarte. A peine rentré elle lui dit " Bonjour mon chéri c'est à...". Il la tue d'un coup de rouleau à patisserie derrière la tempe. Il ne veut plus entendre la fin de sa phrase répétée tous les deux jours depuis plus de 20 ans : "... ton tour de descendre la poubelle".

"Allez donc vous faire voir."

Evelyne Garat - 1992 (revisited)

Thierry Houel - 2002 (revisited)

LA SURGELEE

Son silence était légendaire. Elle pouvait rester des jours et des jours sans prononcer un seul mot. Qu'aurait-elle pu dire d'ailleurs ? Quelques banalités sur le temps qu'il fait ? Une ou deux opinions formatées sur la politique ? Une appréciation dénuée d'intérêt sur le programme TV de la veille ? Dénué d'intérêt lui aussi. Non, elle restait assise, là, sur le tabouret de la cuisine, les yeux mi-clos, les mains tremblotantes, le regard fixé sur une vieille photo scotchée sur le frigo. Sur ce cliché jauni on la voyait souriante, épanouie, à côté de son Homme, son Amour. Mort depuis si lontemps. Ses mots sont en elle et ne se disent plus, ne s'écrivent plus. Il est tard. Elle va se coucher, seule, en ne pensant qu'au frigo du lendemain. Si lendemain il y a.

Histoires de pieds !

SUCREBLEU

patrick.cassagnes@aol.com

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