Parmi tout ce que j'ai lu et relu, ce sont ces deux auteurs qui m'ont le plus "marqué" (mais je n'en oublie pas pour autant tous les autres...)

E. M. Cioran

Henry Miller

Collections (suite) : J'ai toujours aimé les timbres... Mais attention : les anciens seulement, de leur apparition jusqu'au début du siècle dernier, quand ils n'étaient pas encore imprimés, gravés, etc, pour n'être que collectionnés et dont les sujets n'étaient pas "tout et n'importe quoi" comme depuis de nombreuses années... Et, n'étant pas "puriste", même s'ils ont moins de valeur marchande, je préfère les timbres oblitérés, ceux qui ont un "vécu", une véritable histoire postale, qui ont voyagé... Peut-être sur des enveloppes contenant des lettres d'amour.

Autoportrait (1996) Huile sur photo

Du temps où je faisais mes cartes de voeux tout seul (2001-05)

Puzzle en bois chez mes parents.

 Trop beau !

Traqué, piégé par l'enfer des subtilités. Voué au doute perpétuel, à la nostalgie d'un amour défunt. Perdu parmi les saltimbanques ivres, je me fuis, je te fuis, la solitude voudrait m'accueillir. Elle me suce, avide, perfide, mais la musique la disperse d'un coup de dièse ou de bémol, peu importe, jazze, swingue, ne te laisse pas entrainer ! Je ne me laisse pas entrainer ! Pourquoi m'ennuyer, pourquoi me désespérer par des images traditionnelles, une bouteille de Moselle me serait bien utile...

Encore un pari, la course au trottoir, sept contre un, huit contre un... Toujours contre, contre qui ? Ne suis-je pas assez harassé de te courir après, de t'appeler, de me mettre à genoux devant tes cuisses entrouvertes. Je ne veux plus te prier, prend ton Harley et va-t-en, ne me pousse pas à bout, au bout. Quel bout ? Au bout de quoi ? A quelle extrémité ? Ai-je encore une extrémité sensible à l'amour, aux caresses ? Fuis-moi avant qu'il ne soit trop tard.

Et puis encore ces pigeons obséquieux qui se moquent de tout ce qui s'est envolé en nous. Arrivés plein. Repartis vides de tout coeur. Que nous reste-t-il ? La méfiance, l'expérience, la reconnaissance aussi.

Avoir les yeux ouverts pour ne plus rien voir par ces fenêtres, cette fenêtre qui n'est plus qu'un cadre pour d'insipides variétés. Poisseuses et nauséabondes. Folles !

Folle ? Non tu ne l'es plus, tu as compris, enfin compris ton sourire Lisa, ce sourire que tu dispersais aux quatre vents, ce sourire illimité et jamais en veilleuse, un simple rictus de tes machoires... Mais pourquoi m'étendre sur ces histoires anciennes !

Quel rythme dans tes hanches, mais ce n'est plus qu'un souvenir, un tendre tas de chair, con comme un tas de chair tendre, si plaisant au regard, aux regards de tous ces illuminés, ces bafoués, ces refoulés que tu faisais bander d'un sourire.

Et moi ?

Moi j'attendais le silence de la nuit. Toutes les lumières éteintes. Tous les feux assouvis, ou contenus jusqu'au lendemain. La même rengaine tous les jours :

-"Lisa, tu m'aimes ?"

-"Ne pose pas de questions stupides !" répondait-elle inlassablement sans vouloir me lasser mais en y réussissant quand même. Le saurai-je un jour ce que signifiait cette réponse. La stupidité cachait-elle l'évidence ou le refus ? Tu vivais avec moi, tu survis en moi, mais tu ne m'as jamais aimé, tu ne prenais que ce qui te flattais ou t'excitais. Tendre, toujours tendre, telle une peau de chèvre morte, une carpette estampillée. Reviens Lisa !

Reviens ! Pourquoi ?

Simplement pour me rassurer que je ne t'aime plus, et aussi pour voir ta détresse, tes larmes, les moisissures aux coins de tes lèvres, les pustules réapparus sur tes épaules, ta carte d'identité rongée par la sueur de tes seins granulés. Tu es laide ! Reviens ! Montre-moi, que je rie, que je me moque, que je me venge ! et ainsi soit-elle et ainsi es-tu, accrocheuse d'espoir et porteuse de charmes, masturbateuse ou batrice, petite gueuse triste, sale môme déféqueuse, petit cancrelas de sommier, tu me plais quand tu es dans tous tes états, tes états de crasse, dévastée par plaisir. Syphilitique ! Connais-tu ces serviettes jaunies qu'on étend sur les croix des cimetières ? Ne comprends-tu pas ? Aucune imagination... Triste et pauvre esprit !

Lisa de mes pensées lointaines, évanouie, dévastée.

Lisa de naguère !

Lisa de poussière ! à jamais perdue parmi les toiles d'araignée des pattes de ces hommes damnés, vidés de leur pensée et de leur conscience, ne pensant qu'à baiser sans retenue et sans tenue, dans la boue, dans la vase d'une quelconque soupe aux canards, dans un trou humide et plein de boites de confit d'oie moisi et verreux.

Tu es propre, le soleil se reflète sur des dents sans tartre, Colgate chaque matin, rimmel aux cils, Chanel sous les bras. Ta peau lisse et sans bavures coule sous mes doigts maquillés. Ta main joue du côté de mes reins et je te pénêtre. Lisse et sans bavure ! Mais tellement loin qu'il m'arrive de rêver que je fais l'amour avec toi quand tu ne l'avais jamais fait avec personne. Lisse et sans bavures ! peut-être l'étais-tu à cette époque ! mais tu as enfourché ton Harley pimpante, comme une gamine avec une robe de première communion, et tu es partie vers la lune ensoleillée, vers le soleil de Vénus et la bible de Jérusalem, tu as fuis l'Instable, le Jaloux, le Tonifiant, pauvre salope inconsciente armée de tes désirs déclinants ! Tu n'iras pas plus loin que le bout de ton nez déchiqueté ! un coup, deux coups, trois coups... Et ton crâne se partagera en deux et une nuée de cafards puants ou de mygales enjouées se tournera vers Mars ou la tour Montparnasse.

Chauds les regrets ! chauds ! Après tout ce temps écoulé loin de toi, je pense à t'oublier, je m'oublie à penser. La nuit n'a pas de fin. La lumière électrique reste toujours présente malgré les bougies que j'ai gardées, celles que j'aimais tant, les bougies rouges de sang et de sueur, encore humides malgré les années. Marron, vert, jaune ou bleu suivant le mois, marron en janvier, vert en février, jaune en mars, bleu en avril... Tous les vingt-huit jours le sang de tes règles changeait de couleur, comme pour me divertir, me détendre. Ton sang n'était plus rouge Lisa, depuis si longtemps, te rappelles-tu toutes ces serviettes périodiques que tu collais sous les prie-dieu de Sainte-Thérèse afin que chacun puisse reconnaitre sa croyance. Tu semblais invisible parmi les fleurs mais je te voyais, je voyais ton sourire et tes désirs. J'aurais voulu te sculpter dans mon cerveau avec trois épingles à cheveux dorées. Et puis m'endormir, dormir, me déchausser, te caresser, te fendre le sexe d'un coup de talon et me rechausser, dormir, me réveiller... Seul... Avec une épingle à cheveux ou même les trois, quelle importance ? Et alors j'aurais compris que tu ne m'aimais plus, tu te serais déstatufiée de mon esprit petit à petit, minuscule à minuscule. Mais tu es partie sans rien dire en me laissant ton portrait et trois épingles. Tes cheveux je ne les caresserai plus, et les épingles, fous-toi les au cul ! Toi, tu es restée ancrée, gravée, insinuée, perçante, mon cerveau me fait mal, ton image se décrépit, se recouvre de boutons, il n'y a plus que tes cheveux qui ne tombent pas. Pour remplacer les miens ? La B.A. de ta vie !

Et tous les gens autour de nous qui rient comme des crécelles mal graissées, des chasses à court d'eau. Etres inconscients que vous êtes ou que vous semblez être, êtres ! Refermez la télé un moment et voyez mon chagrin, l'amour a fuit devant moi, qu'ai-je donc fait au Saigneur, ai-je rougit sans sa permission, ai-je fait dans ma culotte sans m'en rendre compte ? Je me mets à genoux devant vos grands pieds cagneux et j'implore votre pardon !

Rendez-moi mon âme de dix-huit ans !

Mais faites-moi un prix d'ami.

....... (18 pages d'élucubrations écrites en )

Juillet 1973

Le retour du ressort magique !!!

2009

Sucrebleu

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